« Humana »
Une pluie d’images et de traces

« Humana » est une installation artistique qui se présente comme un espace circulaire ouvert à la déambulation. Le visiteur est invité à y pénétrer sous une pluie d’images et de traces. Il est peu à peu immergé dans un entrelacs de fils auxquels sont accrochés des fragments de peintures et des objets de formes et de matières diverses. Il va devoir se frayer un chemin parmi ces images et ces objets en les repoussant de ses mains. Au cours de ce voyage, il va croiser du regard des représentations imagées ou abstraites, il va être effleuré par les divers objets, il va prêter l’oreille à leur frôlement sur ses vêtements. Ces images rencontrées, ces sensations éprouvées viennent l’interpeller. 

Lorsqu’il pénètre dans cette forêt de matière, l’atmosphère est sombre, il est dans le noir. Plus il chemine vers le centre, plus l’atmosphère se réchauffe, pour se terminer dans le cœur lumineux de l’installation.

Quelques réactions à l’œuvre après une première expérimentation

« Pas banal », « Déroutant », « Poétique », 
« De ton œuvre, je vais m’en souvenir. »
« On regarde à quoi on est accroché puis on s’enfonce dans l’ombre. »
« Il y a de l’air, de la lumière, ça appelle à traverser en essayant de ne pas trop se piquer. »
« Des éléments me perturbent, d’autres m’attirent. »
« Ça choque, ça va dans tous les sens. Original. A la fin on s’apaise. »
« J’ai fait tout un cheminement intérieur en parcourant l’œuvre. »
« On est dans un autre monde. »
« Tu nous proposes de vivre un changement de paradigme. »
« C’est un beau concept. »

Qu’est-ce qui fait dire cela aux visiteurs ?

?Par son coté sombre la première zone traversée nous immerge dans le monde des peurs, de l’inconfort. Dans un premier temps, elle fait barrière. Une fois pénétrée, elle nous confronte au réel  lorsque nous sommes heurtés par tous ces objets qui nous entourent, répartis sur cinq rideaux successifs. Les peintures et images réparties p?armi ces rideaux renforcent ce sentiment d’inconfort par leurs évocations.  

2020 - La traversée héroïque?    

Une fois traversée, la première zone s’ouvre sur une seconde zone plus éclairée. Le visiteur se trouve alors devant un rideau de peintures plus colorées. Il dispose du recul nécessaire pour les parcourir et se laisser résonner aux différentes émotions et états d’âme évoqués.

20 09 Humana

Dans les interstices de ce rideau perce une forte lumière qui incite le visiteur à poursuivre son chemin au-delà du rideau. Il entre alors dans une zone inondée de lumière sans aucune représentations pour happer son regard. Seule la lumière règne.

Schèma de l’œuvre
 

Schéma de Humana   

À l’origine

Depuis le début ma peinture est emplie de fils et de liens. Le plus souvent, tout est noué, entremêlé.   

Liens  liens  Liens

Puis, ces liens vont se structurer sous la forme de ce que je commençais à appeler des rideaux car tous les liens s’alignent verticalement.

Liens rideau   Liens rideau

Puis le morcellement apparait.   06 106 Puis de grandes tâches flottant dans le tableau. 07 01 2    

Et maintenant, tous ces liens et tous ces morceaux sortent du tableau et s’installent dans l’espace.

Du tableau à l’installation?

L’exposition « Envolée d’âmes » a marqué un tournant important dans mon travail.?
Abandonnant les murs de la galerie, je présentais un ensemble de tableaux suspendus au plafond, ma première installation.
Murs nus, les regards se concentraient sur l’envolée centrale de tableaux. 

2017 Envolée d'âmes?

Les tableaux,  invisibles dans un premier temps,
attendent que le visiteur, en tirant une cordelette, les fasse apparaître. 

Chaque œuvre évoque un état d’âme. En parcourant l’installation, le visiteur part à la découverte d’une âme et de ses multiples états.

Ce que les visiteurs en ont dit...

« Et peut-être bien qu’il faut toutes ces couleurs d’âmes pour faire un monde d’âmes ! « Agressée », « souple » ou « libérée », c’est vraiment touchant grâce à la manière dont elles sont exposées, qu’elles puissent toutes s’envoler vers ?? C’est comme une fraternité d’âmes. C’est apaisant. »

« Merci pour le plaisir de la découverte des œuvres au fur et à mesure, de la représentation de ces âmes si proches de mon ressenti. Merci pour l’interaction que permet cette exposition. Merci pour l’originalité qui éveille nos sens et notre créativité. »

« Bravo et merci beaucoup pour cette expérience, moment de rêveries et de pensées, sensations qui surgissent. Merci pour ces œuvres cachées qui nous surprennent et nous évoquent des souvenirs de nos propres états d’âmes… Et qui me donnent du baume au cœur ! »

Et après ...

L’attrait des visiteurs pour cette exposition m’a donné envie de poursuivre ce travail d’installations composées de multiples œuvres parmi lesquelles le visiteur peut circuler librement et interagir avec elles.

Trois expositions ont exploré ce champ de travail : 

Eclats d’art :              18 02 Fragments d'âme

Une œuvre éclatée en puzzle est accrochée à un branchage se détachant du mur.
Un jeu d’ombre et de lumière met l’œuvre en relief. 
L’installation donne à voir tout à la fois l’unité et le multiple.

 

Humanitude :              2018 - Installation

Une spirale posée sur un support attend que les visiteurs viennent y accrocher une boule de leur choix sur laquelle ils ont écrit leur prénom.
Chaque boule, unique, participe à l’œuvre globale, image de notre commune humanité.

 

Le fil de la vie :             2019 - Installation

Des petites maisons en cartons multicolores, alignées sur un fil, contiennent chacune une image et un texte symboliques d’un événement de vie. 
Chaque visiteur peut parcourir librement le contenu de ces maisons et se questionner sur l’éventuel fil conducteur de sa vie

De quoi parle Humana ?
 
L’œuvre nous parle de l’humain. C’est quoi être humain ? Comment l’homme est-il en interaction avec le monde ? Comment entre-t-il en résonance avec les objets et les êtres qu’il rencontre ? Qu’apprend-il de ces rencontres ? Comment se transforme-t-il à travers ces rencontres ? La traversée de l’œuvre, en nous confrontant tout au long du chemin à des expériences singulières nous aide à trouver un début de réponse à ces questions. Peut-être qu’en cours de route nous toucherons des choses profondes que l’œuvre révèlera et sortirons-nous différents.

Au cœur de la pensée de l’œuvre, la relation de l’homme à son environnement devient le questionnement qui nous occupe en parcourant l’œuvre-contrée. Les images croisées et les contacts ressentis sont autant d’occasions d’entrer en résonance avec différentes atmosphères,  sombres ou lumineuses, silencieuses ou bruissantes, douces ou heurtantes. Des émotions fugitives alimentent progressivement notre méditation. L’énergie que contient toute cette moisson d’informations et de sensations invite à s’arrêter et prendre le temps de l’analyse et de l’interprétation.

L’œuvre propose une façon poétique d’explorer une contrée imagée. Le monde ? Notre monde personnel ? Un monde rêvé ? La société ? L’humanité ?

Et maintenant…

Si j’ai eu l’intuition de l’œuvre, je sens bien, au stade où elle en est, qu’elle appelle une participation plus large. D’une part, sa taille et sa complexité, ne me permettent pas de la réaliser seule. D’autre part, l’œuvre est un objet social dont la maturation nécessite un partage des visions.

Un ami m’a rejoint pour m’aider à réaliser techniquement la structure qui soutiendra les rideaux d’objets picturaux et le système de lumière.

Des amis volontaires ont participé à une séance de découpe et épointage de languettes de papiers découpées dans d’anciens tableaux qui serviront à élaborer les rideaux de l’œuvre.

J’ai mis en place une expérience créative qui a permis à 20 personnes de rechercher avec moi les obstacles qui freinent notre épanouissement ou l’évolution de la société et de les traduire en images qui garniront les rideaux extérieurs de l’œuvre.

Un film a été réalisé par Olivier Wahl pour promouvoir l’œuvre et son travail de réalisation :  https://vimeo.com/428724270    

Enfin, je prépare une prochaine exposition pour le mois de septembre où je présenterai une version élargie de l’œuvre par rapport à l’exposition précédente. Je réfléchis pour cela au remplissage des différents secteurs. Quatre seront présentés.

Joa

Je suis une artiste peintre. J’ai découvert la peinture à 50 ans. Sans formation artistique académique, j’ai pu explorer librement les potentialités de la peinture.

Dans un dialogue permanent avec mes tableaux, j’ai réalisé progressivement qu’ils me renvoyaient à mon interrogation profonde du sens de l’existence humaine et à la façon dont elle se manifeste en chacun de nous.

La peinture à fait vibrer les fibres qui me relient à mon être profond. C’est en me connectant à cette partie de moi qui ne triche pas, en créant du silence en moi pour écouter la source, que l’œuvre surgit.

Ce qui m’intéresse c’est l’essence du monde et de l’humanité. L’art en est une voie d’accès.

Mon espoir est de toucher les gens, de créer une brèche en eux et de les mettre en contact avec quelque chose d’essentiel, exactement de la même façon que la peinture l’a fait pour moi.

Mon travail a évolué dernièrement de la peinture à la mise en place d’installations de plus en plus complexes.

Je suis soutenue dans mon travail par ma participation au groupement d’artistes « Intensité ». https://www.groupement-intensite.com

Peintre de l’humain

Etre femme ou homme incarné sur terre c’est quoi ?

Qu’est-ce que je fais, qu’est-ce que je suis ici sur terre ?

Ces questions je me les pose depuis mon adolescence. 

La peinture me fournit un espace où les explorer.

Contrairement aux mots trop exigeants, trop cadrant, qui enferment dans des représentations préétablies, l’espace d’une toile me permet d’inscrire librement ce qui émerge de moi à chaque instant sous une forme inattendue qui est à déchiffrer. Ce geste, cette forme, cette couleur, cet assemblage de graphismes colorés, comment parlent-ils ? Qu’évoquent-ils pour celui qui les regarde ? Par leur questionnement infini, les tableaux amènent à élaborer des pistes de réflexion qui, accumulées, explorent le concept d’humain. Ils  procurent des sensations qui sont une autre façon de ressentir notre  humanité. Ils éveillent des sentiments qui font vibrer notre  sensibilité.

De peinture en peinture,  je construis un chemin d’humanité.

Mes premières productions n’ont fait que poser la question de cette humanité. Tout en étant découverte de la peinture, elles sont, en parallèle, interrogation par le jeu des assemblages de formes et de couleurs sur cet être qui peint.

Par la suite, mes peintures ont montré un enchevêtrement de liens parfois étouffant, parfois s’échappant du tableau ou bien se côtoyant. Quel rôle jouent les liens dans notre vie ? Y a-t-il une humanité sans lien ? Les liens nous enferment-ils ou nous donnent-ils la possibilité de nous libérer ? 

Dans ce fatras de liens se sont manifestées des formes d’abord juste évoquées au milieu des filaments. Puis, saisissant ces formes, j’ai vu émerger des silhouettes embryonnaires puis des êtres étranges et, finalement, des visages. Qui sont tous ces êtres aux manifestations variées ? Comme une évocation de nos différentes facettes ou de l’évolution de l’humanité.

Aujourd’hui je suis partie dans l’exploration interne de l’homme. Qui se cache derrière ces visages ? Quels sentiments, quelles émotions, quelles sensations ? Quels états d’âme ?  Quelle âme ?

Mes peintures ont pris de l’ampleur, au fur et à mesure du temps. Elles sont devenues de véritables installations manifestant sans doute ainsi la complexité de l’être humain.

Ils sont à mes côtés :

Accompagnement artistique : Olivier Wahl*

Contribution artistique : Sophie Gautier*, artiste peintre, membre du groupement Intensité et Dominique Taroni*, artiste peintre, membre du groupement Intensité.

Soutien technique : Paul Gouverneur, Simon Cohen Hadria, Catherine Olivarès, Sylvie Balester

Soutien financier : Aude Albanel, Sylvie Charpy, Sandrine Collin, Annabel Domenc, Camille De Dumast, Edith Denoeud, Dénis Fournier, Lilian Gonzales, Marie-Thérèse Helary, Isa KM, Monique Krieguer, Anne-Marie Glorieux, Dominique Le Godec, Lilian Gonzalès, Xavier Gras, Emilie et Daniel Jacobson, Martine et Patrick Letrémy,  Laura Loriers, Matéo, Lou et Marianne Martinez, Micha, Thierry Moreau, Mud et Tof, Pizzy, Ysa R, Dominique Reboux, Claudia Thermidor, Lelia Leroy Terquem, Wagami’or

Avec la participation de : Stéfanie Biesmans, Mireille Breger, Anne-Marie Breton, Anne Iris Caillette, Catherine Durette, Michelle Farat, Sophie Gautier, Lilian Gonzalès, Céline Hachet, Marie-Thérèse Helary, Martine Huilard, Marion Jacottin, Méderic Jacottin, Monique Krieguer,   Jean-François L., Martine et Patrick Letremy, Thierry Pardigon, Lionel Parienté, Fadela Pinon, Maud Poitevin, Dominique Reboux, Wolfgang Rettig, Claudia Thermidor, Frédéric Zimmer

 

*Olivier Wahl

Olivier Wahl, est intimement engagé dans la pratique artistique. Peintre, il expose en France et à l'étranger. Enseignant, il a crée l'atelier "Le temps de Peindre", au sein duquel il partage sa passion de la peinture et de l'écriture. Il est également directeur d'une galerie d'art à Paris et développe parallèlement une activité de formation en entreprise où il anime des stages autour de la notion de changement. Il est l'auteur de plusieurs livres sur l'art et l’enseignement.

Olivier Wahl est peintre, consultant, directeur de galerie, enseignant et écrivain.

Son parcours d’artiste l’a conduit à l’écriture de scénarios et à la réalisation de films. Il a ensuite, en tant que peintre, réalisé de nombreuses expositions et participé à une centaine de salons d’art contemporain aussi bien en France qu’à l’étranger.

Il crée une école de peinture en 1999 – l’atelier « Le temps de peindre » – où, enseignant, il organise des cours hebdomadaires de peinture, des stages à Paris, en province et à l’étranger.
Consultant, il anime de nombreux séminaires et formations de conduite du changement ayant la peinture comme outil pédagogique central.

En 2013, constatant que les artistes ont des besoins particuliers d’aide, d’entraide, de suivi, de développement personnel et collectif, il commence à proposer à des artistes de se rassembler dans un groupement pour développer ensemble une autre vision de l’art qu’il fait émerger de cette observation attentive du monde artistique et qui l’a amené à voir les collectifs comme un lieu de rencontre.

Ecrivain, il s’interroge sur la position de l’artiste et le processus de création : « Le temps de peindre », Dire Editions, 2003 – « Le mot me manque », Dire Editions, 2004 – « Ni le paradis, ni l’enfer, la peinture comme moyen pédagogique en entreprise », Edition Robert Jauze, 2006. Ecrit en collaboration avec Micheline Pujolle-Jacottin – « Je suis bloqué devant ma toile », Scribéo, les Carnets de l’info, 2008.
 

Ils en parlent :

Laura Loriers   Dans les coulisses de la vie d’artiste : https://www.lauraloriers.fr/index.php/2020/08/30/humana/ 

Groupement Intensité :  https://www.youtube.com/watch?v=C8LL4bCKAxs 

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